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Ils se mettent à poil !

Ils se mettent à poil !

Le 30/06/2017

Biocoop Châteaubriant
Pour la 5e saison cet été, on retrouve Mouts, le blond Guillaume, et Nans sur France 5, dans Nus et Culottés. Un titre à prendre au premier degré : du culot, ces trentenaires n’en manquent pas, qui démarrent chaque voyage nus comme des vers, sans argent mais avec deux caméras et un couteau, se faisant vêtir, loger, nourrir au gré des rencontres. Si leur destination est connue, leur véritable objectif est de créer du lien, distiller leur bienveillance et peut-être même changer un peu le monde.

Guillaume Mouton et Nans Thomassey

Pour la 5e saison cet été, on retrouve Mouts, le blond Guillaume, et Nans sur France 5, dans Nus et Culottés. Un titre à prendre au premier degré : du culot, ces trentenaires n’en manquent pas, qui démarrent chaque voyage nus comme des vers, sans argent mais avec deux caméras et un couteau, se faisant vêtir, loger, nourrir au gré des rencontres. Si leur destination est connue, leur véritable objectif est de créer du lien, distiller leur bienveillance et peut-être même changer un peu le monde.

© Arnaud Tracol - Marie Bastille

Quelle idée vous a pris de partir nus sur les routes ?

Mouts. Nus et Culottés est un arbre à plusieurs racines. L’une est un voyage que j’ai fait en stop dans 17 pays du continent américain, pour rencontrer des gens qui travaillent dans des thématiques différentes du développement durable, des déchets à la production de l’eau potable en passant par la production bio, l’habitat climatique, etc. J’y ai gagné une forme de confiance en découvrant qu’il y avait toujours quelqu’un pour m’ouvrir sa porte. Au retour, j’ai eu envie de voyager en France, pour savoir qui sont ses humains, et à quel endroit, derrière tous ces murs, ces barricades qui s’élèvent de jour en jour, il y a des ponts pour se rencontrer.

Nans. Au lycée, j’avais assisté à une conférence de Pierre Rabhi*. Je ne le connaissais pas mais ça faisait une sortie ! Le soir, je suis rentré à l’internat avec l’idée que c’est possible d’être heureux avec moins. Cette idée m’a accompagné pendant toutes mes études puis un premier voyage, un tour du monde sans avion, avec le moins d’impact écologique possible. J’avais déjà le fantasme du baluchon, le symbole du dépouillement. Plus je vidais mon sac à dos, plus le voyage se chargeait en magie : des rencontres, une hospitalité, une générosité débordante… Je suis revenu avec ce désir ardent de témoigner, en vidéo, qu’il y a une formidable école de la vie sur la route. En décidant avec Mouts qu’on partirait à poil, on ne savait pas que cette quête du dépouillement allait transformer notre vie à tous les niveaux.

 

Visiblement, le dépouillement vous rend heureux !

Nans. Quand je suisen dehors de ma zone de confort, j’ai tous les sens éveillés parce que j’ai besoin d’être vigilant pour ne pas me mettre en danger, pour trouver à manger, me déplacer, me faire un abri si besoin est. Dans cette vigilance, il y a juste la sensation énorme de se sentir vivant. C’est le plus grand confort que je connaisse !

Mouts. La sobriété est une manière de cultiver la confiance en moi car si je n’ai pas 1 000 outils à ma disposition, il faut que je les trouve par moi-même ou que je sollicite l’autre. Ce qui me demande de construire une aptitude à communiquer, de me dépatouiller dans les difficultés relationnelles qui peuvent découler du prêt ou du don d’affaires, et de développer l’autonomie. Elle m’est encore plus chère que la sobriété qui est un moyen de devenir autonome. Ça fait un an et demi que je vis dans un bus – avant, c’était dans une yourte en co-habitat. Alors la question de la disponibilité de l’eau, de l’électricité, ça me parle ! La sobriété de l’habitat pousse à se relier les uns aux autres. Dans ce type d’autonomie, il y a quelque chose de bien plus généreux et grand que ce à quoi j’ai jamais goûté.

Les gens sont choqués quand ils vous voient arriver presque nus ?

Nans. Oui, mais ils rient dans 75 % des cas. Sinon, c’est de la méfiance. On ne cherche pas à choquer, mais on aime bien ce côté brise-glace, dérangeant, avec amour, qui fait sortir de l’habitude pour rentrer dans quelque chose de plus sauvage, de spontané qui donne lieu à des rencontres surprenantes.

 

On vous donne des vêtements, de la nourriture. Ce qui vous amène parfois à des looks surprenants. Et peut-être à manger des choses… immangeables ?

Nans. Quand tu n’as pas mangé depuis 24 h, quoi qu’on te serve, tu te régales ! Il y a un mot qui va bien avec la sobriété, c’est le contentement. Le fait de vivre avec peu, amène un contentement et une réjouissance naturelle. Je me souviens d’une nuit qu’on a passée dehors. Il faisait assez froid, on avait faim, on a allumé un feu, on s’est serrés l’un contre l’autre, et le lendemain on est tombés sur un pommier. Les pommes, elles avaient un goût ! Je n’en avais jamais mangé d’aussi bonnes ! Pour nous aujourd’hui, les aliments prennent un autre goût car on sait à quel point ils sont essentiels.

 

Vous êtes prêts à manger n’importe quoi ?

Mouts. Au début, oui. On avait tellement faim ! Mais depuis nous avons cheminé autour de l’alimentation parce que notre façon de voyager nous oblige à une hyperprésence pour être capables de trouver les portes qui peuvent s’ouvrir et pour faire une rencontre qui peut être filmée. La nourriture a une grande responsabilité dans l’énergie que l’on a ou pas. Dans mon cas, j’ai senti que les aliments qui contiennent beaucoup de gluten peuvent m’alourdir ou bloquer ma digestion. Faire ce constat répété invite à avoir une bonne alimentation et une hygiène de vie en général. Maintenant, on ne mange plus de viande, on ne boit plus d’alcool, on demande plus des fruits, des légumes, de fromage…

Nans. Soit on demande aux gens soit aux magasins s’ils ont des invendus. Avant, on allait dans le premier commerce venu. Mais plus on pose notre conscience sur l’alimentation, plus on choisit les magasins où on va. Ces derniers temps, une fois sur deux, c’était un magasin bio. On se sent chanceux de pouvoir manger bio alors qu’on voyage sans argent.

 

Êtes-vous le reflet d’une certaine jeunesse ?

Nans. Je n’ai pasrencontré beaucoup de gens qui se mettent à poil pour voyager. Mais j’en vois beaucoup qui portent en eux quelque chose qui ne vieillit pas et qui cherche constamment à réenchanter la vie. À la base, on était des ingénieurs avec une route toute tracée mais on ne pouvait pas faire un métier qui ne soit pas le fruit de nos tripes qui s’expriment.

Mouts. On voit clairement dans les conférences que l’on donne qu’il y aune aspiration à se libérer de certains codes, de diktats sociaux, pour retrouver une autonomie de fonctionnement, au-delà de notre génération. Avoir un compte en banque ou même des valeurs n’est plus suffisant. Il faut aussi que notre quotidien, nos actes aient un sens.

 

Vous encouragez tout le monde à voyager nus ?

Nans : Non. Ça a été notre manière de vivre la liberté, notre recherche de sens, de bonheur. Mais chacun a son chemin. En revanche, on invite à faire un pas hors de sa zone de confort tout en gardant un pied là où on se sent en confiance. Un pas dedans, un pas dehors, et on explore…

Mouts. Ce qui compte surtout, c’est de se mettre à nu face à soi et se demander : qui je suis quand je sors de cet endroit sécurisé ? Dans ce cheminement, on a que des trésors à trouver.

 

Quel rapport avez-vous avec la nature ?

Mouts. C’est un espace d’évacuation émotionnel depuis toujours. Que je sois en colère, triste, frustré, la forêt, elle s’en fout, elle écoute tout, ce que les humains ne peuvent pas faire. C’est pour ça que j’ai un grand besoin de nature dans ma vie, pour pouvoir faire grandir en moi une abondance de quiétude, pour pouvoir accueillir les autres dans ce qu’ils vivent et m’accueillir moi-même. Depuis mon enfance, la nature a évolué, pas toujours dans le bon sens ; là où il y avait des jardins, il y a aujourd’hui une route. Mais il y a aussi une plus grande sensibilité à l’écologie. On voit plus d’agriculteurs qui s’installent en bio ou en biodynamie, des villes qui passent au 0 phyto, des fauches tardives, des moutons qui s’occupent de la tonte dans des villes comme Langres (52), énormément d’associations qui font de la sensibilisation à l’environnement auprès des enfants, et pas que des enfants… Alors, on peut être pessimiste en parlant de la nature, mais il y a toujours de la beauté.

 

Parlez-vous d’écologie avec vos hôtes de Nus et Culottés ?

Nans. On essaye plutôt de faire de l’écologie relationnelle. C’est-à-direprendre soin de la qualité de nos relations. Quand mon regard sur le monde change, la qualité de ma relation avec les autres change, et après c’est la vie qui se transforme car la société est faite de relations. L’écologie relationnelle est fondamentale pour un changement de paradigme.

Mouts. On croit profondément que les gens qui se sentent en état d’amour, en connexion, en confiance, en sécurité, tout en restant libres avec leurs proches, auront moins, voire plus du tout, besoin de la consommation de masse pour se sentir exister, être rassurés. Alors ils n’alimenteront plus tout un système qui pollue, pervertit, dégrade…

* Paysan bio penseur, auteur d’ouvrages dont Vers la sobriété heureuse (Éd. Actes Sud). Voir son interview dans CULTURE(S)BIO n° 76 sur www.biocoop.fr

 

« Nos rencontres confirment que tous les humains ont les mêmes besoins. Pourquoi avoir peur de la différence puisqu’on est pareil. » Mouts

 

« Être culotté, c’est faire confiance à sa petite voix intérieure. » Nans

Nans Thomassey

Il grandit en Rhône-Alpes puis étudie l’habitat écologique à l’Insa de Rouen et de Toulouse où il rencontre Mouts. En 2008-2010, il voyage sur le continent américain grâce au stop et au troc. Il publie la Bible du grand voyageur (Lonely Planet) en 2014 et travaille actuellement sur un film consacré à la vie après le deuil : Et je choisis de vivre.

Guillaume Mouton

Natif de Haute-Marne, il étudie le génie climatique à Toulouse et l’urbanisme durable en Suède. Avant et après, il cofonde une association écolo et des ateliers de yoga du rire, fait du journalisme, part à la rencontre d’acteurs du développement durable outre-Atlantique (2018), voyage dont il tirera le livre ÉcoAmerica, voyage en quête de solutions durables (Géorama). En 2016, il publie Osons la pause, un recueil de photos sur la campagne de son enfance.

On les retrouve chaque mardi de ce mois de juillet dans Nus et Culottés, sur France 5 Destinations : les Caraïbes, Ibiza, Londres et Amsterdam.

Retrouvez également l’interview de Nants et Mouts dans CULTURE(S)BIO n°94, magazine offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à télécharger sur Biocoop.fr

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